Le BHK est l'un des outils les plus utilisés par les ergothérapeutes pour objectiver une plainte d'écriture. Sa passation est simple, mais sa cotation demande de la rigueur : plusieurs critères laissent une part d'appréciation, et la vitesse se calcule à partir d'un comptage qu'il est facile de bâcler. Voici les erreurs les plus courantes et une méthode pour les éviter. Ce guide ne remplace pas le manuel, qui reste la seule référence pour les consignes et l'étalonnage.
Erreur 1 : confondre lisibilité et qualité graphique
Une écriture lisible n'est pas forcément une écriture de bonne qualité. Un enfant peut produire un texte que l'enseignant lit sans difficulté, au prix d'un effort considérable, de lettres retouchées, de tailles irrégulières ou d'une trajectoire hésitante.
Le BHK évalue la qualité selon des critères précis, définis par le manuel. La tentation est de coter « à l'impression générale » : on trouve l'écriture correcte, on est indulgent sur chaque critère. L'erreur inverse existe aussi : une écriture peu esthétique mais régulière peut être sur-pénalisée.
Pour s'en prémunir :
- cotez critère par critère, sans revenir à une impression globale ;
- appuyez-vous sur les exemples et les règles du manuel, pas sur votre souvenir ;
- utilisez une règle ou un gabarit quand le critère porte sur des dimensions.
Erreur 2 : compter la vitesse de manière approximative
La vitesse repose sur un nombre de caractères écrits dans un temps donné. Un comptage approximatif, ou une règle de comptage différente d'un bilan à l'autre, rend la comparaison avec l'étalonnage peu fiable, et la comparaison entre deux bilans du même enfant encore moins.
Points de vigilance :
- chronométrez précisément et marquez sur la copie l'endroit atteint au signal ;
- appliquez toujours la même règle pour les signes de ponctuation, les lettres raturées et les mots inachevés, celle du manuel ;
- recomptez une seconde fois, ou comptez par ligne puis additionnez.
Erreur 3 : trancher les cas limites au jugé
Certaines lettres sont à la frontière entre deux cotations. Si la décision change selon la fatigue ou l'humeur du jour, la cotation perd sa fiabilité, surtout lors d'une réévaluation.
La parade consiste à se donner une règle interne stable, compatible avec le manuel, et à la noter. Si vous travaillez en cabinet à plusieurs, partagez ces règles : la cohérence entre évaluateurs en dépend.
Erreur 4 : oublier le contexte de la passation
Une copie produite par un enfant fatigué, stressé, ou avec un outil scripteur inhabituel ne dit pas la même chose qu'une copie produite dans de bonnes conditions. Notez systématiquement :
- l'heure de la passation et l'état de l'enfant ;
- l'outil scripteur, le support et la posture ;
- la prise de l'outil et la position de la feuille ;
- les comportements observés : pauses, plaintes de douleur, relectures.
Ces observations qualitatives ont autant de valeur dans le bilan que le score.
Check-list de vérification
- Âge calculé à la date de passation (le calculateur d'âge évite les erreurs en fin de mois).
- Bon étalonnage choisi selon les consignes du manuel.
- Qualité cotée critère par critère, avec les règles du manuel sous les yeux.
- Comptage de la vitesse refait une seconde fois.
- Règles internes pour les cas limites appliquées et notées.
- Conditions de passation et observations qualitatives consignées.
- Scores vérifiés avec le convertisseur de scores si vous passez d'une métrique à une autre.
Relier le score au retentissement
Le score du BHK ne suffit pas à lui seul. Dans le bilan, il prend son sens quand il est mis en relation avec la plainte : lenteur en dictée, copie inachevée, douleur, cahiers difficiles à relire. C'est aussi ce qui permet de formuler des recommandations utiles à l'école, comme expliqué dans le guide sur les informations de bilan utiles à l'école.
Pour une vue d'ensemble de l'outil et de sa place dans le bilan, voir la page BHK.
Dans ErgoBilan
Vous cotez le BHK avec le manuel, puis vous saisissez une valeur par sous-test, en note standard, en écart type ou en percentile. ErgoBilan calcule les autres métriques, situe chaque résultat en zone de difficulté (à partir de -2 écarts types), de fragilité (entre -2 et -1) ou dans la moyenne, et trace le graphique. Vos observations qualitatives alimentent la rédaction des sections du bilan, que vous relisez une par une. Lors d'une réévaluation, l'évolution de la qualité et de la vitesse est comparée au bilan précédent.