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Scolarité

PAP, PPS, ESS : quelles informations du bilan d'ergothérapie transmettre à l'école

Ce que l'équipe éducative attend vraiment du bilan d'ergothérapie, comment le traduire en aménagements concrets et quoi transmettre selon le cadre : PAP, PPS ou réunion d'ESS.

L'équipe ErgoBilan · mis à jour le 12 octobre 2026 · 6 min de lecture

Un bilan d'ergothérapie bien fait peut changer le quotidien d'un enfant en classe, à condition que l'équipe éducative puisse s'en servir. Or un enseignant n'a ni le temps ni la formation pour lire des notes standards et des percentiles. Ce qu'il lui faut, c'est savoir ce qui gêne l'enfant, dans quelles situations, et ce qu'il peut changer dès lundi. Ce guide aide à faire ce tri, selon le cadre dans lequel l'information sera utilisée.

Les trois cadres à connaître

Les aménagements scolaires s'inscrivent dans des dispositifs différents, et le bilan ne sert pas tout à fait de la même façon dans chacun.

  • Le PAP (plan d'accompagnement personnalisé) concerne les élèves qui présentent des troubles des apprentissages durables. Il est mis en place par l'école, après avis du médecin de l'Éducation nationale, sans passer par la MDPH. Les aménagements y sont pédagogiques : supports adaptés, temps supplémentaire, usage de l'ordinateur en classe.
  • Le PPS (projet personnalisé de scolarisation) concerne les élèves en situation de handicap. La famille saisit la MDPH, et le bilan d'ergothérapie peut être joint au dossier. Le PPS peut prévoir, en plus des aménagements, du matériel pédagogique adapté ou un accompagnement humain.
  • L'ESS (équipe de suivi de la scolarisation) réunit autour de l'enseignant référent la famille, les enseignants et les professionnels qui suivent l'enfant. Elle fait le point sur la mise en œuvre du PPS. L'ergothérapeute peut y être invité ou transmettre une note.

Dans tous les cas, c'est la famille qui décide de ce qui est transmis à l'école. Les informations de santé relèvent du secret professionnel : partagez ce qui est utile à la scolarité, avec l'accord des parents.

Ce qui aide vraiment l'équipe éducative

Les éléments les plus utiles sont concrets :

  • les difficultés fonctionnelles observées, décrites en situation : copie lente, cahier difficile à relire, gestes imprécis avec les outils, fatigue en fin de journée ;
  • leurs conséquences en classe : travail inachevé, erreurs liées à la forme plutôt qu'au fond, évitement de certaines activités ;
  • les points d'appui de l'enfant : ce qu'il réussit, ce qui le motive, les stratégies qui fonctionnent déjà ;
  • les aménagements proposés, simples, applicables et vérifiables.

À l'inverse, les scores détaillés, les noms de sous-tests et le vocabulaire technique ont leur place dans le bilan complet, pas dans le document destiné à l'école.

Traduire un constat en recommandation

Une structure en quatre temps rend chaque recommandation compréhensible et applicable :

  1. Constat court : « L'écriture manuscrite reste lente et coûteuse en attention. »
  2. Objectif fonctionnel : « Permettre à l'élève de se concentrer sur le contenu des leçons. »
  3. Aménagement concret : « Fournir les leçons photocopiées ou au format numérique ; réduire la quantité de copie. »
  4. Modalité de suivi : « Faire le point avec l'enseignant au prochain trimestre ou lors de l'ESS. »

Quelques exemples d'aménagements souvent proposés, à choisir selon le bilan :

  • réduire la quantité d'écrit ou proposer des exercices à trous ;
  • accorder un temps supplémentaire ou alléger les exercices ;
  • proposer des supports aérés, avec repères visuels ;
  • autoriser un outil scripteur ou un matériel adapté (règle, guide-doigt, cahier à lignage adapté) ;
  • envisager l'usage de l'ordinateur, avec un apprentissage progressif ;
  • aménager la place en classe et les temps de pause selon le profil sensoriel.

Prioriser plutôt qu'énumérer

Une liste de quinze aménagements a peu de chances d'être appliquée. Mieux vaut trois à cinq recommandations hiérarchisées, en commençant par celles qui ont le plus d'effet sur le quotidien de l'enfant et qui sont les plus faciles à mettre en œuvre. Les autres pourront être proposées lors d'un point d'étape.

Check-list avant transmission

  • L'accord de la famille sur le contenu transmis est acquis.
  • Le document est lisible sans connaître les tests utilisés.
  • Chaque recommandation part d'un constat observé.
  • Les recommandations sont hiérarchisées et en nombre limité.
  • Les points d'appui de l'enfant sont mentionnés.
  • Une modalité de suivi est proposée.

Pour relier les résultats d'écriture aux recommandations, voir aussi le guide sur la cotation du BHK ; pour les aménagements liés à la sensorialité, le guide sur le profil sensoriel hétérogène.

Dans ErgoBilan

Le PDF du bilan comporte une page « Recommandations scolaires » pensée pour l'école, une page à part que la famille peut remettre à l'enseignant. Les recommandations sont rédigées automatiquement à partir de vos résultats et de vos observations, et vous les relisez et les ajustez avant de remettre le document. Un rappel de réévaluation à six mois aide à faire le point sur les aménagements mis en place. Plus de détails dans les fonctionnalités.

Références

Pour aller plus loin

Et si le bilan se rédigeait pendant que vous lisez ?

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